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On le dit et si on n’a personne à qui le dire, on l’écrit…

Ben voilà, c’est mon tour ou plutôt, c’est encore mon tour. Ça s’peut pas, y’a un disque troué quelque part. Ça se répète un peu trop souvent…

Lorsqu’on vous enlève quelqu’un qui vous est cher, il n’y a pas de mot pour décrire ce que vous ressentez. Vous avez mal et personne ne peut rien pour vous. On va vous envoyer des mots de sympathies que vous prenez à grand seau mais que vous ne digérez qu’à compte goutte. Parce que vous débordez déjà de votre peine. Vous ne savez pas quoi en faire. Mais vous les prenez, vous remerciez tout le monde. Au fond, vous êtes content qu’il y ait du monde autour de vous, même si vous les voyez pas souvent. Vous n’êtes pas complètement seul.

Mon beau frère nous a quitté après une maladie. Ce n’était pas sans peine, il vivait dans un pays pauvre qui est le mien. On a pu l’envoyer en France pour se faire soigner mais… rien n’y faisait. Il était trop tard. Il nous a quitté.

Mon beau frère, il m’a beaucoup apporté. Les petits conseils, les rires, la joie. Il était pour moi, un frère. Pas un beau frère.

Ça doit paraître bizarre pour vous les occidentaux pour qui, la famille se limite généralement à celle dite nucléaire. Chez nous, la notion de famille est très large. En autant qu’on arrive à trouver un lien familial, pour nous c’est « la famille ». On se côtoie beaucoup et il y a beaucoup d’entre-aide. Si un membre de la famille a un problème, c’est tout le monde qui va réagir et faire tout son possible pour aider. Lorsque vous étiez élevé dans ce contexte, vous vous trouvez inutile puisque vous êtes loin, vous ne pouvez aider personne et d’ailleurs, personne ne vous le demandera. Bon débarras diraient certains mais moi, je ne le vois pas de cette façon. J’aurai voulu pouvoir aider, soutenir, donner…

Donc, tout ce qu’on fait c’est d’envoyer des messages de sympathies que la famille recevra à grand seau mais qu’elle va digérer à compte goutte. Parce qu’elle est déjà débordée de sa peine…

Je n’aime pas 2012. Elle ne m’a rien apporté de bon. En début d’année on nous a enlevé notre neveu. Cette fois-là, c’était de la souffrance que j’appellerai « immorale », indécente, ignoble. Parce que quelqu’un a décidé d’attenter à sa vie, dans des conditions les plus innommables. J’y pense encore et j’ai toujours des frissons. Car ça fait mal. Si je connais le groupe de personnes qu’il l’a fait, je vous dirais que la peine de mort, je serais à 100% pour.

Mais ça ne sert à rien de se venger. On a la vie devant nous, et cette vie inclut la mort. Tout fini un jour, on devrait avoir cette pensée en tête et ne faire que du bien à notre entourage. Puisqu’on n’apportera rien dans l’au-delà, parce que notre vie est ici, maintenant. À quoi bon faire du mal ?

Voyez, la semaine passée, j’ai cassée ma guitare. C’était tout un malheur ce jour là pour trouver un luthier, pour trouver un bon prix pour la réparer. Aucune comparaison au  choc que j’ai reçu en apprenant le décès de mon beau frère. Aucune. Tout ce que je souhaite en ce moment est, d’être auprès de ma famille. Vivre ce deuil ensemble, entouré.

RIP mon frère et salue bien le petit neveu, je suis certaine que vous allez avoir du fun là-bas, lorsque vous vous rencontrerez !

Brindille, qui n’a plus de mot pour décrire sa peine…

There should be laughter after pain,

There should be sunshine after rain…

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